Infiltration du genou : pour quelles douleurs et quand l’envisager ?

L’infiltration du genou est envisagée lorsque la douleur articulaire persiste malgré les traitements habituels, notamment les antalgiques, les anti-inflammatoires et la kinésithérapie. Elle est surtout indiquée en cas d’arthrose du genou (gonarthrose), de poussée inflammatoire articulaire ou de tendinopathie résistante, et consiste à injecter un produit anti-inflammatoire directement dans l’articulation ou à son contact.

Pour quelles douleurs du genou propose-t-on une infiltration ?

L’infiltration ne convient pas à toutes les douleurs du genou : elle cible des pathologies bien identifiées, le plus souvent après un examen clinique et une imagerie confirmant le diagnostic.

L’arthrose du genou (gonarthrose) constitue l’indication la plus fréquente. Lorsque l’usure du cartilage entraîne des douleurs mécaniques et des poussées inflammatoires, l’infiltration permet de réduire l’inflammation locale et d’améliorer nettement le confort de marche.

Les poussées inflammatoires articulaires, avec un genou gonflé, chaud et douloureux, répondent également bien à ce type de geste. C’est notamment le cas de certaines formes d’arthrite suivies en rhumatologie, où l’infiltration intra-articulaire complète le traitement de fond prescrit par le spécialiste.

Les tendinopathies et bursites du genou, notamment autour de la rotule ou de la patte d’oie, peuvent justifier une infiltration ciblée lorsque la douleur résiste à la rééducation.

En revanche, une douleur liée à une lésion isolée d’un ligament ou d’un ménisque, souvent consécutive à un traumatisme sportif, relève rarement de l’infiltration seule et nécessite plutôt une prise en charge spécifique.

Quand faut-il envisager une infiltration du genou ?

L’infiltration intervient généralement en deuxième intention, c’est-à-dire après l’échec d’un traitement médical bien conduit pendant plusieurs semaines. Elle est le plus souvent prescrite par votre médecin traitant, votre rhumatologue ou votre chirurgien orthopédiste. Concrètement, elle est envisagée lorsque la douleur persiste malgré la prise d’antalgiques ou d’anti-inflammatoires, lorsque la kinésithérapie ne suffit plus à soulager, ou lorsque la gêne fonctionnelle retentit sur la marche, le sommeil ou les activités quotidiennes. Elle peut aussi être proposée pour passer un cap douloureux et permettre de reprendre une rééducation jusque-là impossible en raison de la douleur.

Quelle imagerie avant une infiltration du genou ?

Avant le geste, un bilan d’imagerie est généralement réalisé afin de confirmer l’origine de la douleur. Des radiographies aux rayons X permettent d’évaluer l’état des structures osseuses et le degré de pincement articulaire lié à l’arthrose, y compris sur des clichés en flexion ou en incidence postérieure selon la zone à analyser. Une IRM, qui utilise un champ magnétique plutôt que des rayons X, apporte une vision plus précise des tissus mous : cartilage, ménisques et ligaments. Cette imagerie par résonance magnétique permet aussi d’écarter une autre anomalie, comme un œdème osseux sous-chondral, une atteinte osseuse plus marquée ou, beaucoup plus rarement, des tumeurs osseuses. Dans certains cas, un arthroscanner avec injection de produit de contraste à base d’iode dans l’articulation peut être proposé pour une analyse diagnostique encore plus fine des lésions cartilagineuses.

Quels produits peut-on injecter dans le genou ?

Plusieurs types de produits existent, selon l’objectif recherché et la pathologie traitée. Le corticoïde reste le plus utilisé : puissant anti-inflammatoire, il agit rapidement sur les poussées douloureuses, avec un effet qui s’installe en 48 à 72 heures. L’acide hyaluronique, aussi appelé viscosupplémentation, vise davantage à améliorer la lubrification de l’articulation dans l’arthrose ; son effet est plus progressif mais peut se prolonger plusieurs mois. Ces deux options thérapeutiques sont discutées avec votre médecin en fonction de votre situation, du stade de l’arthrose et de vos antécédents.

Comment se déroule une infiltration du genou ?

Le geste est réalisé en ambulatoire, dans un centre d’imagerie, et ne nécessite aucune hospitalisation ni préparation opératoire particulière. Il se déroule généralement ainsi :

  • installation allongé, genou en légère flexion ou en extension selon la zone visée ;
  • repérage de l’articulation à l’aide de la sonde d’échographie ;
  • désinfection soigneuse de la peau ;
  • anesthésie locale si nécessaire, puis introduction de l’aiguille sous contrôle visuel ;
  • injection progressive du produit dans l’espace intra-articulaire ;
  • pansement et courte surveillance avant la sortie.

L’ensemble dure une quinzaine de minutes. Le guidage radiologique, aujourd’hui largement privilégié, permet au médecin radiologue de visualiser l’aiguille en temps réel et de déposer le produit exactement au bon endroit, ce qui améliore l’efficacité du geste par rapport à une injection réalisée sans guidage. Si le genou est très gonflé, une ponction du liquide articulaire en excès peut être réalisée dans le même temps, ce qui soulage immédiatement la tension et permet, si besoin, d’analyser ce liquide.

L’infiltration du genou est-elle douloureuse ?

Non, l’infiltration du genou est généralement bien tolérée et peu douloureuse. Vous pouvez ressentir une brève piqûre au moment de l’introduction de l’aiguille, puis une sensation de pression ou de tension dans l’articulation pendant l’injection, en particulier en cas de gonflement important. Cette sensation reste transitoire et s’estompe rapidement après le geste.

Y a-t-il des contre-indications ou des effets secondaires ?

Certaines situations nécessitent de reporter ou d’adapter le geste : une infection en cours, une plaie ou une lésion cutanée au point de ponction, un traitement anticoagulant non adapté, ou un diabète déséquilibré, les corticoïdes pouvant faire monter temporairement la glycémie. Ces contre-indications sont systématiquement vérifiées avant l’infiltration.

Les effets secondaires restent rares et généralement bénins. Une poussée douloureuse transitoire peut survenir dans les 24 à 48 heures suivant le geste, de même qu’une rougeur du visage ou une sensation de chaleur pendant quelques heures. Plus rarement, une infection articulaire peut survenir, ce qui justifie les règles d’asepsie strictes appliquées lors du geste : toute fièvre ou tout gonflement important après l’infiltration doit amener à consulter rapidement.

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Combien de temps dure l’effet d’une infiltration du genou ?

Le soulagement s’installe en général en 48 à 72 heures pour un corticoïde, avec un effet maximal après une à deux semaines. La durée du bénéfice varie ensuite selon la pathologie et le produit utilisé : de quelques semaines à plusieurs mois. Pour limiter le risque de fragilisation du cartilage et des tendons, il est recommandé de ne pas dépasser trois à quatre infiltrations de corticoïdes par an sur une même articulation, en espaçant les gestes d’au moins un mois.

Que faire après l’infiltration ?

Un repos relatif de 24 à 48 heures est conseillé, en évitant les efforts intenses, les longues marches et le sport. Il est en revanche utile de continuer à mobiliser doucement le genou pour éviter l’enraidissement des membres inférieurs. La rééducation, lorsqu’elle est prescrite, peut généralement reprendre dans les jours suivants, une fois la douleur atténuée : c’est souvent à ce moment qu’elle devient la plus efficace, l’infiltration ayant levé l’obstacle douloureux.

Infiltration ou chirurgie : comment se situe ce geste ?

L’infiltration s’inscrit dans un traitement médical, avant d’envisager un traitement chirurgical. Pour de nombreuses gonarthroses, elle permet de soulager durablement sans passer par la chirurgie, et parfois de retarder de plusieurs années la pose d’une prothèse de genou. Lorsque la douleur persiste malgré des infiltrations bien conduites, ou en cas d’arthrose très évoluée avec un retentissement majeur sur la marche, un avis chirurgical peut alors être discuté avec un chirurgien orthopédiste. Le même raisonnement s’applique d’ailleurs à d’autres articulations et à la colonne vertébrale, où les infiltrations rachidiennes précèdent souvent une éventuelle chirurgie vertébrale.

Confort et accompagnement pendant le geste

Le radiologue explique chaque étape avant de la réaliser et reste attentif à votre ressenti pendant toute la durée du geste. Si vous ressentez une douleur inhabituelle ou une appréhension, n’hésitez pas à le signaler : l’anesthésie locale peut être complétée ou le rythme adapté. Les suites normales attendues et les signes qui doivent alerter vous sont également expliqués avant votre départ.

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Dans nos 10 centres d’imagerie médicale à Paris, l’infiltration du genou est réalisée sous guidage échographique par des radiologues expérimentés, pour une injection précise au cœur de l’articulation. Pensez à apporter vos examens radiologiques antérieurs (radiographies, IRM), qui aident le radiologue à adapter le geste à votre situation. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne dans un centre IMPC proposant cet examen, ou contacter directement le centre pour connaître les consignes adaptées à votre prescription.

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